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Repères pour l’écriture d’un texte narratif court : nouvelle, conte, récit



Le fait d’être souvent contraint de rester à la maison n’est certes pas tous les jours facile, mais ne présente pas que des inconvénients.


La quiétude du foyer peut offrir des conditions favorables à la rêverie créatrice et à l’exploration artistique, et de là, peuvent surgir des idées fécondes et l’envie d’écrire des œuvres de fiction.


Rendu à ce stade, disposer de quelques points de repère pourrait suffire pour nous aider à mettre par écrit, sous forme d’une brève histoire qui se tienne bien, les fruits de notre imagination.


Comment, alors, de la manière la plus simple possible (car ces étapes du processus de création littéraire peuvent donner lieu à des réflexions bien plus élaborées), se poser brièvement les questions indispensables pour jeter les bases d’un texte court ? Et ce, de manière à ce qu’il soit efficace, dynamique, touchant et cohérent ?


Voici le résumé d’une possible marche à suivre pour vous initier à l’écriture du texte narratif bref.



1- Choisissez un thème qui vous interpelle : ce peut être n’importe quel sujet, tant que vous sentez avoir quelque chose de personnel à exprimer à cet égard.


Par exemple : les préoccupations touchant l’environnement, la hausse du prix des loyers, l'intimidation en milieu scolaire, l’érosion de la classe moyenne, l’économie de la surveillance, les défis de la vie contemporaine, etc.



2- Imaginez une opposition entre deux individus ou groupes : ce sera le noyau conflictuel de votre situation dramatique principale, qui constituera le cœur (et en même temps le milieu) de votre texte. Cette situation, en général celle qui connaîtra le développement le plus abondant, nous la nommerons : « situation angulaire ».


Par exemple : un couple entre en conflit au sujet des habitudes à abandonner et à adopter pour réduire leur empreinte écologique.



3- Demandez-vous maintenant comment vos personnages en sont-ils arrivés à s’opposer sur ces points. Quels événements ont dû survenir, agissant alors comme causes ou signes avant-coureurs du conflit qui constitue le cœur de l’histoire ?

Dépeindre ces événements, ainsi que le contexte (lieu, temps, etc.) dans lesquels ils se déroulent, constituera (selon son ampleur), la « situation initiale » de cette histoire ou sa « phase d’exposition ». C’est-à-dire : son début, plus ou moins vaste selon le cas.


C’est alors le moment de planter le décor, de présenter brièvement qui sont les personnages principaux, à quoi ils ressemblent, que veulent-ils accomplir ou atteindre, quels sont les rapports particuliers qu’ils entretiennent. Mais aussi, de montrer quels sont les germes ou signes précurseurs du conflit sur le point d’éclater.


Pensez en particulier à doter chaque personnage principal d’un objectif clair (que veut obtenir, réaliser, atteindre chacun de ces individus ?), buts qui orienteront leurs actions respectives, au fil de l’histoire. Faites aussi en sorte que l’objectif principal poursuivi par votre protagoniste entre en opposition nette avec celui de son adversaire, dans cette fiction.



4- Tentez ensuite d’imaginer où mènera le conflit constituant le cœur de cette histoire courte. Quelle en sera l’issue ? Sera-t-il en fin de compte résolu, les personnages parvenant à trouver un terrain d’entente plus ou moins acceptable, suite à leur confrontation ? Mènera-t-il à un conflit plus redoutable encore, à une issue déplorable, voire tragique ? Ces tristes ou regrettables conséquences seront-elles ou non évitées au dernier moment ?


La fin du texte sera-t-elle laissée à notre imagination, les personnages étant alors placés face à un choix décisif, qui n’est pas encore fait (c'est alors un cas de « fin ouverte »).

Bref, c’est en réfléchissant ainsi qu’on imagine la « situation finale » ou conclusion de l’histoire. Une fin qui devrait être en accord avec vos visées personnelles d’auteur : que cherchez-vous à exprimer, quelle vision du monde proposez-vous à l'égard de l’univers dépeint ? Cherche-t-on à montrer que ce genre de situation-là est presque insoluble ? Ou qu’avec un peu de bonne foi et en mettant de l’eau dans leur vin, les personnages pourraient parvenir à solutionner leur différend, trouvant un compromis réaliste ?



5- Essayez d’esquisser un plan sommaire (canevas narratif de votre texte), décrivant grosso modo le déroulement, en quelques étapes, de chacune de ces trois situations essentielles (et au besoin, de celles qui s’imposent par nécessité, entre elles).


Notez à grands traits, sans tout de suite les développer, qui fait ou dit quoi, en songeant au rapport de cause à effet qui lie ces actions : les paroles et actes d’un des personnages contribuant à engendrer ceux de son opposant, et vice-versa.



6- Quelques derniers choix restent à faire avant de plonger dans la rédaction. Il est utile de déterminer le genre et le ton prédominant du texte : s’agit-il d’un récit policier, d’une histoire d’amour, d’un conte d'inspiration traditionnelle, d’une nouvelle fantastique ? D’un récit comique ou dramatique ? C’est aussi le moment de choisir un point de vue pour raconter l’histoire. Il peut d'ailleurs être recommandé, dans un premier temps, de recourir à un narrateur omniscient (narration au «IL»), puisque c’est la forme la plus accessible, et que votre narrateur peut alors se mettre tour à tour, aisément, dans les souliers de chacun des personnages.


Il est possible également de se demander, à ce stade, si on écrira le texte dans une langue soutenue ou davantage populaire (choix du registre d’expression des personnages, mais aussi de la narration).


Et, bien entendu, c’est le moment de statuer à savoir si vous écrivez un texte de fiction constituant une :


- nouvelle littéraire (histoire courte avec une finale possédant un impact net ou une pointe à caractère spirituel) ;


- un conte (brève histoire qui laisse davantage place au merveilleux, à la magie, et se conclut en général par une petite morale) ;


- un récit d’autofiction (rapportant des événements personnels vécus qui sont alors romancés, condensés, intensifiés à des fins dramatiques).


Et voilà ! Ne vous reste plus qu’à relire vos plans et à prendre plaisir à plonger dans la rédaction du texte !

Pour vous aider à tirer le meilleur parti de cette étape, qui nous permet enfin de donner corps au texte à partir du plan établi et des choix esthétiques faits, n’hésitez pas à télécharger notre aide-mémoire La Rédaction du premier jet.

La_Rédaction_du_premier_jet_extrait_CPS
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Notre Exemple de mise en page du texte narratif vous aidera quant à lui à adopter sans trop de mal les normes répandues pour la présentation d’un texte à une revue littéraire, à un concours ou à un éditeur.



Mise_en_page_texte_narratif
.pdf
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Ces deux extraits de notre livre Concevoir des personnages et des situations, qui offre des techniques plus complètes et approfondies pour la rédaction de textes courts, constituent le complément idéal du présent article qui, je l’espère, vous aura été utile.



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Une fois le texte rédigé et retravaillé, n’hésitez pas à recourir à mes services si vous souhaitez obtenir de l’encadrement et des commentaires constructifs pour vous aider à remanier votre plus récente œuvre, et ainsi mieux savoir comment repousser les limites actuelles de votre écriture.


Le Coaching littéraire à distance et notre Offre spéciale : commentaire sur un texte court pourraient constituer des manières efficaces de débuter votre formation.



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Amusez-vous bien !


Au plaisir,


Martin Mercier, Ph. D.

Coach artistique et directeur

Centre de création scénique

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